(Album) Gucci Mane – Trap House 3

`guccimaneTG3

En temps qu’inconditionnel de Gucci Mane, j’attendais impatiemment la sortie de ce fameux Trap House 3. Bien que, comme j’avais dit pas mal de fois, les sorties intempestives de ses mixtapes, voyant leurs qualités diminuées de plus en plus, me faisait vraiment peur quant au contenu de ce projet. Après deux albums sortit sous label, avec donc des featurings imposés et des morceaux qui étaient vraiment bizarre venant de Guwop, celui-ci sort uniquement sous format digital, ce qui laisse une marge supplémentaire pour faire parler sa « créativité ». Une semaine après sa sortie, et après beaucoup d’écoute de TH3, je reviens dessus pour le chroniquer, et vous dire ce qu’il en est :

17 tracks, un projet donc assez conséquent, c’est autant bon que mauvais car, quand on connait son amour pour sortir d’innombrables sons, on se demande si le fait qu’il en sorte encore beaucoup ici n’influera pas sur la qualité, encore une fois. On commence l’écoute par Trap House 3 morceau très sombre, et lent produit par la 808 Mafia, accompagné de Rick Ross pour introduire un projet qui, au final, ne l’est pas vraiment autant que ça ; on pourrait d’ailleurs l’associer à Darker, également sombre, produit par la 808, mais avec Chief Keef en guest ; j’ai plus apprécié « TH3 » que « Darker », allez savoir pourquoi, ils restent quand même assez durs d’accès, étant donné que le Gucci est rarement aussi sombre que ça. On change complètement de registre, avec Mama, un tantinet plus « conscient », différent au niveau des sonorités (produit par Get Money) et surtout un Sick Pen qui vient chanter le refrain, une chose surprenante mais au final, qui s’accorde bien avec Gucci pour un bon morceau. On peut également rapprocher ce morceau de Point Of My Life, avec des lyrics plus poussés, et un beat (produit par Dun Deal) qui diffère de la Trap hardcore présente tout au long du projet, également une pioche. Puis je continue, avec les producteurs qu’on ne retrouvera qu’une seule fois sur le projet : Can’t Trust Her, le morceau de l’album pour moi, avec la meilleure prod’ de l’album, enfin, celle avec laquelle j’ai le plus accroché, et je ne comprenais pas pourquoi, avant d’avoir vu Lex Luger ; forcément quand il est là, ça change la donne, avec une track produite, et il plie littéralement tous les autres beatmakers, dommage qu’il se fasse aussi discret ; on retrouve Rich Homie Quan en feat’ (et d’ailleurs pas que sur celle-ci), imitant quelque peu Future sur le refrain avec ses intonations (si, si, on l’a tous entendu), mais après un temps d’adaptation, le rappeur ne déplaît pas. Enfin, on retrouve le très bon Zaytoven pour la production de Muddy, morceau atypique, car on ne retrouvera pas non plus plus le producteur sur l’album, et les guest non plus : Young Scooter et Young Dolph (très bons au passage) ; il était évident pour lui de ramener Zay’ (et Drumma aussi, j’en parlerai après) sur ce projet, étant donné qu’il l’accompagne depuis ses débuts, notamment sur les précédents Trap House, peut-être aurait-il du être plus présent, mais ce sont les choix de Gucci. Mention spéciale pour le Goddamn de Gucci.

J’attaque maintenant un autre aspect de l’album, qui m’a, en somme, déçu. En effet, on retrouve trop souvent les mêmes producteurs : C Note, C4 et Drumma Boy, si vous faites le total des tracks cités précédemment, cela fait beaucoup, voire (beaucoup) trop de morceaux produits par les mêmes personnes et cela fait évidemment baisser l’aspect instrumental si important dans les morceaux du south, car on reconnaîtra que les thématiques, surtout du Gucci, sont très répétitives, même si il fait parfois preuves de métaphores assez hilarantes et originales.

Commençons par C4, le gars qui sert les mêmes prod’ à chaque morceaux : Nuthin On Ya, que j’avais trouvé trop moyen en mixtape, passe un peu mieux sur l’album, mais sans plus, avec un Wiz Khalifa vraiment dispensable, surtout avec l’univers de Gucci, bien qu’il y a fort longtemps, j’appréciais Khalifa. Ensuite, Thirstyon entend les similarités au niveau sonore, mais je dois avouer que j’ai beaucoup écouté ce morceau, et que, si on aurait du garder un track produite par C4, elle aurait du rester. Enfin, Tell Em’ That, (toujours les mêmes sonorités hein), est également bon, avec des feat’ qui font plaisir à entendre : la jeune recrue Peewee Longway (prometteur) et Shawty Lo, la connexion de longue date, les guests font honneurs, mais je garde une préférence pour Thirsty ; c’est sur qui pris à part, chaque morceau de C4 passent vraiment bien, mais cette impression de toujours entendre la même chose n’est pas négligeable.

On passe maintenant à HONORABLE C.N.O.T.E (C Note quoi), qui produit quant à lui 5 tracks (et ouais), et bien qu’il soit meilleur que C4, du renouvellement aurait été bon à prendre. Use Me, produit par lui, était donné comme « single », bien qu’il soit plutôt moyen, rien de transcendant, accompagné par 2 Chainz, peut-être pour faire plus de « buzz », sans plus. Je continue les associations avec I Heard mêmes remarque que Use Me, c’est moyen autant musicalement, qu’au niveau de l’ambiance générale. Mais je reviens assurément sur Hell Yes, une prod’ plus profonde, C Note nous délivre une petit bombe, et bien qu’au début j’avais du mal à l’auto-tune, je m’y suis rapidement habitué pour apprécié un des meilleurs morceaux de TH3, assurément. On skip pas mal de track pour atterrir sur Chasen Paper, un autre bon morceau, avec Young Thug (ah je l’aime bien lui) et Rich Homie Quan, un bon petit son en perspective et même sur la prod’ reste convaincante  elle peine à sortir du lot pour que, le morceau soit vraiment excellent. Enfin, on en finit avec C Note par Off The Leash, et, malgré de bon guest Young Thug et Peewee, l’ambiance générale qui, démarrait bien les 15 premières secondes, ne m’a vraiment pas enchanté. En somme, C Note, est bon, mais pas excellent, et, à force que Gucci et ses collègues posent dessus, les faiblesses du producteur commence à apparaître, et la qualité, elle, disparaît, bien que ce ne soit pas mauvais.

Enfin, on passe à Drumma Boy, un producteur qui est capable de vraie merveille, mais qui n’ont pas réussit à me séduire ici. Pour faire court, les moreaux qu’il produit font : mauvais, moyen et bon. D.I.G commençait pourtant très bien, un instru’ ultra-lourd, comme il a l’habitude de pondre, pour au final totalement passer à quelque chose de moyen, ayant du mal à faire ses marques, très bizarre, je passe. Fuck With Me, change elle aussi d’ambiance entre le début et le tout de la prod’, mais au final ça passe moyennement, en dessous du niveau du prodo’, à passer aussi. La seule chanson produite par Drumma qui aurait du être retenu est Nobody (change aussi d’ambiance pour ne pas déroger à la règle), sombre, où Gucci s’accorde parfaitement, pour donner la combinaison qu’on connait depuis longtemps et qui est très bonne.

Il est vrai que j’ai longuement parlé des producteurs, mais je trouve que c’est un point important avec Gucci Mane, car ce choix lui fait souvent défaut et amenuise la qualité de ses projets.

Coté flow, Gucci sait toujours aussi bien le manier, et le montre une fois de plus, lent, plus rapide, susurré  mais peut-être moins exposé, moins différents que sur ses précédents albums, je pense notamment à la pépite Haterade. Son charisme, fait également bien les choses, toujours dans son délire dealer puissant à la Tony Montana, Gucci reste fidèle à lui-même, entre jeu de mot et ‘punchlines’ vraiment décalés, il a toujours de quoi séduire et faire kiffer l’auditeur. Puis, coté lyrics, on s’attend pas vraiment à des choses transcendante mais ce n’est pas non plus mauvais et Guwop à toujours des choses à raconter, bien qu’elles soient souvent les mêmes, alors bon…

Dernier point, celui des featurings. Mis à part peut-être Khalifa et Tity Boi, aucun n’est en trop, et même si, Rich Homie Quan, par exemple, est très présent, cela ne gâche en rien le projet, et cela permet même au contraire de (re)découvrir des petits artistes, montant, ou trop dans l’ombre, et là dessus Gucci Mane, à toujours su faire « croquer » ses congénères, et j’apprécie vraiment lorsque ça vient de sa part, alors que sur d’autre projet, la chose n’est pas la bienvenue.

Pour conclure, je dirais Trap House 3 est bon. J’aurais aimé dire excellent, mais je dois rester objectif, et trop de tracks restent moyennes ce qui plombe vraiment la qualité générale. Il y a donc de bonne surprise, des morceaux très bons, et des guest (à la pelle) qui accompagne comme il se doit Gucci. Le point faible réside bien sur dans le choix des producteurs qui est trop restreint pour qu’un album touche l’excellence, et cette redondance musicale ne permet plus vraiment de dissocier un morceau plus qu’un autre, et laisse un gout amer de déjà-vu sur beaucoup (trop) de morceau. Dans tous les cas, ça vaut le coup d’écouter ce Trap House 3, meilleur que ses dernière mixtapes, en espérant que le prochain projet qui verra le jours dans les bacs sera ravir tout le monde, car, on le sait, Guwop en est largement capable.