(Mixtapes) Gucci Mane – World War 3 : Gas, Lean & Molly

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Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut que je fasse un petit récap’ : Gucci Mane, ces 8 dernières années, c’est 10 albums studios, 42 mixtapes et 123 autres sons. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, c’est énorme. Certes la qualité n’est pas toujours là, mais dans l’ensemble, l’univers « retardé » de Gucci fait mouche. En effet, bien que la plupart des gens voient Guwop comme un demeuré profond, il faut aller au delà, voir le génie qui est en lui : les musiques qu’on se voit avoir en tête, son monde déjanté complètement en marge, ses allusions et autres punchlines décalées, les différents liens musicaux avec les beatmakers, ses différents avec la justice, etc., tout cela constitue une sorte de film, ou plutôt de série, avec des saisons qui s’enchaînent et ne se s’arrêtent pas, il a choisit l’indépendance musicale, pousser des jeunes rappeurs plutôt que l’industrie. Il y a du bon et du moins bon, et aussi ces 3 mixtapes sortit le même jour : World War 3 : Gas, Lean et Molly.

Je vais essayer de chroniquer les 3 mixtapes rapidement, en essayant de ne pas trop m’écarter sur le personnage en lui-même, quitte à faire un article entier consacré à lui et à son univers, une idée qui me trotte dans la tête. Allez, entrez dans le Dope Show de Gucci Mane et ses très bonnes mixtapes, je ne vais pas revenir beaucoup sur les featurings étant donné que sur la totalité, ils sont tous bons, pas de ‘vraiment’ mauvais (voir Lean). Bonne lecture :

Première partie : Gas.

Trois projets, trois univers, trois drogues, trois effets donc trois ambiances différentes. On commence par Gas. Je ne pensais pas que le mélange Gucci x 808 Mafia passerait aussi bien. En effet, le beats Trap hardcore plus orientés pour un rappeur comme Waka Flocka, arrivent à s’adapter aussi pour lui. Ainsi, on peut entendre également des choses différentes comme sur One Minute, Embalming Fluid, Light Off, Christmas Tree avec Peewee et le discret Juiceman, Rainbow Color avec un semblant de référence 36 Mafia, qui vont plus loin que la simple Trap, et cherche à sortir un peu plus du lot, autant techniquement que musicalement. Puis, il y a la Trap bête et méchante, mais qui arrive toujours à me séduire comme avec Whippin, Can’t Walk avec Wooh Da Kid, Fresh As A Bitch, Picture That, Mob Ties, With My Pistol, Trap God Trap God. Mais aussi un petit paquet de morceau moyen, pas mauvais, loin de là, mais juste un peu brouillon avec des productions peu fouillés et l’overdose des conneries balancées par Gucci. Avec tous les morceaux cités précédemment, il y a déjà largmement de quoi passer un bon moment en écoutant Gas, surtout si, comme moi, vous accrochez à fond aux productions de la 808, de la Trap pure et dure, accompagnés des histoires sordides du Trap God, d’ailleurs plus sombres que sur les autres tapes. Gas, c’est de la musique sous effet de cette drogue, complètement absorbé par les basses, parfois plus énergiques, parfois quasiment sussuré, on retrouve là des sonorités (de Gucci et les beatmakers) en adéquations avec le titre du projet. Bill Cosby Skit n’est pas une exclu’, pour ceux qui auraient remarqué !

Deuxième partie : Molly.

On part sous l’effet de pilule pour Molly, et sa chronique, bien que je ne toucherais pas à ça. On reste dans la Trap, mais cette fois moins dure, plus douce, dans l’ensemble, où l’on sent l’influence des producteurs, à savoir Metro Boomin, Sonny Digital, Dun Deal et C4. Bien que leurs pattes musicales soient différentes on retrouve des similitudes dans le sens où ils restent dans la Trap mais cherche à transformer la chose pour la rendre moins hardcore, comme sur Giseppe, So Much Money avec Chief Keef, où les deux n’ouvrent quasiment plus la bouche et abuse de l’auto-tune, c’est sympa à entendre ; ou encore sur Pocket Full Of Money. Au passage, les deux premiers sons, sont à oublier, ainsi que celui avec les Migos, où la prod’ de C4 est soit déjà prise soit tellement ressemblante aux autres qu’on pourrait la confondre, comme tout ses beats. Bref, cette ‘tape se divise en deeux parties, avec la partie plus calme, la première, que j’ai introduis, qui part de You A Drug, jusqu’à Something For Nothing, tandis que sur Kidnapped Gucci n’apparaît pas (??). Sur cette deuxième face, on a le droit à de la Trap plus agressive  et c’est vraiment très bon. Do’s And Don’t, Don’t Look At Me, où Young Thug passe vraiment bien, si l’on accroche à sa voix criarde totalement fausse, Pressure, A To Z (C4 fait une bonne production !!), Throw That Pussy, quoique qu’un peu mal-au-crâne, et Worth Something avec un Sonny en pleine forme. En gros, une partie de « mis-en-route », plus pour les personnes pour qui les 808 font mal à la tête, que j’ai moins apprécié que la deuxième. Celle-ci, c’est banger sur banger, Gucci est en osmose avec les producteurs, comme sur chacune des ses ‘tapes, et je trouve sa remarquable. J’ai préféré Gas, juste pour la 808 Mafia en réalité, mais ces deux là sont dingues, aucuns morceaux réellement mauvais, Gucci fait un sans-faute, pour ma part. Son univers de gangster-déjanté-retardé est toujours aussi accrocheur et ne lasse que sur une ou deux tracks. It’s all good !

Troisième partie : Lean.

Bon, si j’ai mis Lean en dernier, c’est bien pour une raison, oui, c’est celle que j’ai moins apprécié. Certes, Gucci et Zaytoven c’est la connexion qui marche, mais les autres producteurs C Note et Mike Will n’apporte pas vraiment, sur l’ensemble, quel, que chose de fulgurant, surtout que je n’aime pas Mike Will, en général. Je pense que c’est une question de goût, mais en restant objectif, sur les 20 morceaux de cette Lean, beaucoup sont inutiles comme More Of That, Blue Face Rollie, No More avec un 2 Chainz trop redondant, même remarque pour Montana dans Done With Her, That Pack avec Travis Porter qui ne collent pas avec Zay’, Don’t Trust un peu simple, pareil pour Don’t Save No Bitch, et puis pour Faces, mais le morceau est bon, et pour les tracks non-citées c’est bon. Mais il y a pas mal de point négatif, la faute aux featurings, qui, lorsque qu’ils sont plus connut ruinent totalement le morceau, et, aussi la faute aux beatmakers, qui propose des productions un peu trop banales ou ressemblants au track précédent, et même si l’alchilmie Zay x Gucci est bonne, elle se fait en dilettante ici. Je pense que mes goûts ont beaucoup joués, même si je pense qu’objectivement, les deux facteurs cités sont pour beaucoup dans ma décision. En fait, si il n’y aurait que 14 ou 15 tracks, elles auraient géniale. Sans pour autant cracher dessus, on a le droit à du très bon son, et l’on sent bien l’effet ‘lent’ du Lean, et les influences Texanne comme sur Activist ou Servin Lean, ou Gucci s’essaye brillamment à du Screw.

Conclusion, la World War 3 de Gucci Mane si ce n’était qu’un ensemble, constitue, la meilleure mixtape de ces derniers temps. Bien qu’il y est tout de même quelques faux pas, comme sur Lean, où ils sont plus présents, le tout est excellent. Je n’attendais rien de ces ‘tapes, en pensant que ce n’était qu’un simple délire de Guwop, comme le beef avec Waka, qu’on ne sent pas ici d’ailleurs, il n’y qu’a écouter les paroles ; et, au final, je n’écoute plus que ça, c’est génial, c’est le génie Gucci Mane à l’oeuvre, sa passion pour les sorties incessantes de morceaux, son monde et son rap, le tout combiné avec trois univers musicaux différents, ce qui offre quelque chose pour tous les goûts, tout en restant très bon. C’est aussi un bon moyen pour mieux (ou) découvrir les nouveaux du Bricksquad comme Peewee Longway, qui est bon, Young Thug, Scooter, etc., ainsi qu’il est toujours bon d’écouter Waka Flocka et le reste, bien que les featurings avec les rappeurs plus célébres ne soient d’aucunes utilités, ce qui montre encore le fait que Guwop n’a rien à voir avec cette industrie. Voilà, un grand oui pour moi, à vous de voir !