Interview + Focus On : Bruce Little

Bruce Little+dirtysprite+pocketfullofmusic

Une grande première pour le site, car c’est la première fois que une autre langue que l’anglais ou le français, fais son apparition, avec Bruce Little. En effet, le rappeur que je suis allez voir, rappe en créole, ou plutôt trappe, car il fait de la Trap créole, du Drill même (style de Trap aux sonorités de Chicago), et non du Rap, ou de la Dancehall. Rencontrez à travers les traductions que j’ai fais, il n’y avait au départ pas discussion sur ce que faisais l’un ou l’autre, puis Bruce a finit par m’envoyer quelques uns de ses morceaux, et j’ai été surpris, car, en réalité je ne pensais pas apprécier de la Trap non-anglaise, et encore moins créole. Mais tout compte fait, j’ai écouté ses morceaux et, ayant aimé son délire, je lui ai demandé si la collaboration entre lui et moi le tentait, vous avez donc compris sa réponse.

Traduction de Y.T, extrait de Street Monopoly 2 :

J’ai du donc m’intéresser au monde de la Trap Créole, et j’ai appris qu’il n’y a pas vraiment de grosse structure, de gros label, comme on peut le voir dans le rap, la Dancehall, le Zouk, dans les îles, qui sont des styles beaucoup plus démocratisé que la Trap en elle-même, surtout en Martinique où le style est moins développé qu’en Guadeloupe. C’est donc en indé’ que Bruce fait ses trucs, avec son groupe : TMG (Thug Music Gang), composé de lui-même, Shin, Mercenaire et Lil Da Boo, qui sont présent sur notamment sur Dirty Sprite, avec Shin, et Niggas In Paris avec Mercenaire. Mais le hic dans l’histoire, c’est que les médias, en quelque sens, boycottent la Trap Créole, en disant que le message véhiculé n’est pas bon (certes il est un peu violent), et qu’il incite les jeunes à plonger dans l’illicite (ce qui n’est pas forcément vrai) ; dans un autre sens, la situation là bas est dure, et parler d’autre chose c’est sortir un peu du contexte, et les trappeurs préfère rester « vrai » vis-à-vis de leurs vies, plutôt que de raconter des choses plus « passe-partout », et c’est là un point de vue avec lequel je suis en accord : peut importe les hits, il faut rester vrai dans sa musique et dans ce que l’on fait.

Dirty Sprite, avec Shin de la TMG :

Bruce continue donc son chemin dans la Trap, avec notamment une première mixtape : Street Monoply, une mixtape en commun avec la TMG : Trap Epi Trafic, et, prochainement arrive le volume deux des Street Monopoly, donc le titre traduis (avec lui) Y.T en est extrait. Pour ce qui est de son avenir, je ne m’en fais pas, enfin, je vais m’expliquer ; comme j’ai pu le comprendre au cours d’une discussion, le bonhomme est bien entouré, tout d’abord avec un crew (encore une fois TMG) avec des trappeurs, qui ont acquis une certaines notoriété, un beatmaker, Stephen G, ce qui lui permet d’avoir des faces A, et surtout de bonne qualité, style Trap accentué Drill, et enfin un réalisateur de clip, N’Zo qui n’est d’autre que son cousin. Un bon entourage donc, qui lui permet d’avoir de quoi créer de la musique de qualité et d’innové, sans avoir à passer par tout un tas de personnes pour faire un morceau. Personnellement  je ne m’en fais quant à son avenir, le seul « hic » de l’affaire est le fait que la Trap Créole n’est pas assez médiatisé en France, et que son public est en majorité en Martinique ou dans les Antilles mais, premièrement avec cet article et plus tard avec d’autres choses, je vais essayer de remédier à ce manque de médiatisation, surtout que le mouvement doit être récompensé. De plus j’ai rencontré quelqu’un qui ne se prend pas la tête, contrairement à d’autres rappeurs à qui j’ai pu avoir à faire, et cela à permit d’avoir un vrai échange sur la/sa musique, et également de passer un bon à la réalisation de cette interview.

Le titre Crackant, extrait de Street Monopoly.

Place maintenant à l’interview toujours en deux parties (questions et questions rapides) : 

Pocketfullofmusic : Tout d’abord, présentes-toi, qui es-tu, ton crew, etc. ?

Bruce Little : Moi c’est Bruce Little, représentes Thug Music Gang, c’est un crew de Martinique, après moi je suis congolais, je suis né là bas, je représente aussi Brazzaville, ma ville quoi, et je fais de la Trap, du Drill, Bruce Little c’est moi, au calme.

Pfom : Pourquoi as-tu choisis Bruce Little ?

BL : Avant c’était Little Pongo quand je faisais de la Dancehall, et quand j’ai fais de la Trap j’ai voulus changé de nom, mais dans la rue on m’appelle Little, c’est mon surnom, après j’ai voulus trouver un truc cool, j’ai rajouté le Bruce en référence à Bruce Lee, Bruce Little quoi.

Pfom : Comment t’es rentré dans le monde de la musique ?

Bruce Little : En fait j’ai un grand frère, on lâchait des lyrics comme ça pour délirer, et c’est venu de là.

Pfom : Après de là, quelles sont tes influences musicales ?

BL : Au début c’est du Reggae, Capleton, en Martinique y’avait du Reggae, de la Dancehall, Straika D, des gars comme ça, etc., Eminem, 50 Cent.

Pfom : Pourquoi t’as choisis la Trap plutôt que la Dancehall ?

BL : Je faisais de la Dancehall à l’ancienne et j’ai stoppé ça, j’étais plus dans la Street, et pour parler vraiment de ça, c’est plutôt la rap qui passe mieux. Et en réalité quand j’étais en Martinique, le premier Trap que j’ai entendus, en Créole, c’était des Gwada qu’on m’avait fait écouter, Melnwè (qui est martiniquais) des gars comme ça. Après c’est du rap créole pas vraiment de la Trap.

Pfom : Comment tu penses que tu peux te démarquer des autres ?

BL : Dans la délire, je m’instruis beaucoup, je regarde beaucoup de choses, beaucoup de séries, de documentaire, après la musique je vais pas dire vraiment qu’elle m’influence mais je suis le mouvement, on dit que j’ai des bonnes métaphores, donc après tu vois, c’est ce qu’on dit (rires).

Pfom : Sinon, est-ce que tu vie du Rap ?

BL : Non, pour le moment c’est pour la passion.

Pfom : T’es plutôt dans une optique de vendre ou de faire ça parce que t’aimes le faire ?

BL : Dans une optique j’aurais bien aimé vendre, mais vendre c’est beaucoup dire, j’aurais bien aimé tourné mais pas vendre des disques, ça paye pas, faire quelques prestations ça m’aurais pas déranger, c’est clair. Mais après voilà, c’est cool.

Pfom : Et dans 10 ans comment tu te vois ?

BL : Dans 10 ans ? Il faut pas poser des questions comme ça (rires). Dans 10 ans, j’aurais bien aimer percer (dans la musique) je me vois à Miami, autrement que la France, Miami c’est un délire. On refait l’interview dans 10 ans à Miama (rires).

Pfom : Quand tu ne rappes, pas en studio, que fais-tu ?

BL : J’écoutes de la musique, j’vend de la drogue, c’est ce que je fais quand j’suis pas en studio (rires), j’défonce ma tête, j’écoute de la musique, j’fais de l’argent, tous les jours.

Pfom : Pour cloturer, as-tu une anecdote à raconter ?

BL : En fait, j’devais chanter pour le lycée, et j’suis monter sur scène et j’avais oublié toutes les paroles, j’ai commencé à freestylé, je me souvenais du refrain mais pas du tout des couplets…

Pfom : Et les gens ont aimés ?

BL : Ouais, ils ont kiffés. On m’a pas payé quoi (rires), si je rigole, ils m’ont donnés un coup de pouce.

Questions rapides : 

Un style de musique : Drill.     Un rappeur : Chief Keef.     Un album : Freedom de Straika D.

Un film : New Jack City.     Le dernier que tu as vu : Pacific Rim.     Une paire de shoes : Lacoste montante.

Une voiture : Ferrari.     Un endroit : Chicago.     Un plat : Un Tiep.

Une boisson : Tu sais déjà la réponse (rires), Dirty Sprite.     Une drogue : La skunk, Amnésia.

Une équipe de foot : PSG.    Un livre : Chabin l’Espiègle (rires).     Un bijou : Forçat.      Des tatouages : 6.

Enfin, Pablo, toujours extrait de Street Monopoly.

Merci à Bruce Little (et Shin) pour son (leur) hospitalité et Aro, tu connais.