(Album) Fredo Santana – Trappin’ Ain’t Dead : Chronique d’un dealeur.

TrappinAintDead

La Trap n’est pas morte. Loin de là, surtout avec un nouveau jour à Chicago sous la forme du Drill, popularisé, malgré bien des débats, par Chief Keef. Fredo n’est autre que son cousin, et rien qu’à voir son visage, il respire une ambiance beaucoup plus dark, street, que Keef. Certes son rap n’est pas orienté sur les lyrics, mais l’ambiance, les 808 assoudissantes, et les  quelques notes de synthé’, souvent très sombre, collent parfaitement à son flow lent. Après deux mixtapes solos (It’s A Scary Site et Fredo Kruger) et une accompagnée de Gino Marley (Street Shit), il lance son premier projet payant, sous forme de street album. Alors que ses précédents efforts n’étaient pas si bons que ça, trop répétitifs tant dans les les prods’, que dans les ambiances (au delà même des lyrics), il se lance, en quelque sorte, vraiment dans le rap jeu à proprement parlé, comme son compère Ballout (tout deux font partis du 3Hunna) qui lui n’avait sortit que des projets vraiment médiocres. Bien que tout ces éléments pèsent lourd dans la balance, les derniers morceaux de Fredo, plus travaillés, me laissaient penser que son projet ne pourrait pas être si mauvais que ça, surtout quand on écoute Jealous, avec Kendrick Lamar (grosse surprise) où il se fait carrément manger par le rappeur du TDE, mais il en ressort quand même un son très appréciable. Il est l’heure de rentrer dans le vif du sujet.

Au court de ses 17 titres, il vous apprend toutes les recettes pour un être un bon dealeur, d’où le titre de la chronique. De la cuisine, à la vente, en passant par la séquence de tirs et autres braquage de grossiste, tout cela avec une odeur enfumée, peu de répit pour cette course effréné à l’argent. C’est hardcore, de long en large, et seul quelques titres (et vraiment très peu) viennent apaiser nos oreilles encore meurtris par une violence autant sonore que lyricale. Avec des beats assurés par Young Chop, normal, Murdabeatz, Dj Kenn, Lex Luger, Tarentino de la 808 Mafia, Marvi Cruz et Dirty Vans & Vince Carter.

Premièrement je tiens à dire qu’on entend, surtout avec un casque/écouteur des grésillements sur une bonne moitié de l’album, ce qui m’a vraiment cassé les oreilles, et gaspillé des morceaux, qui sont pourtant très bons comme I Don’t No About Chu avec Capo, Want A Nigga Dead  et Blowin Out Smoke, en featuring avec Gino Marley, Third Floor feat’ Peewee Longway, Spazz Out avec SD, Bought A Big K avec Keef, enfin Down For Me et Ring Bells, où ils perturbent un peu moins l’écoute. Cela fait donc pas mal de morceaux altérés par ce parasite auditif, dommage, d’autant plus qu’ils sont tous de bonne facture.

Ceci dit, on peut entrer dans le vif du sujet. Après avoir survoler ce projet, parlons de l’intérieur. Les titres sont déjà plus fournis que ceux de ses collègues, qui ne durent que 2 minutes pour la plupart (voir Rookie Of The Year et Bang 2 par exemple). Un regain de qualité qui manquait au reste du GBE. Mais il n’y pas que des points positifs, bien que, les amoureux de Trap comme moi, n’y verrons qu’un défouloir et une autre occasion de pousser les basses, sans se préoccupation du reste, car Fredo a du talent, même si il ne rappe pas comme un Dieu, et des fois mêmes hors mesure, il arrive un créer une ambiance palpable quand il choisit bien ses productions. Problèmes qui subsistaient dans ces dernier projets, et qui est d’ailleurs toujours présents, les sonorités Trap, qui sont déjà assez difficiles à différencier pour une oreille non-avertie ; et même si celles-ci sont toutes plutôt hardcore, certains sont plus calmes et typiques de Chiraq, à savoir : Spazz Out, Givin Out Smoke, Bought A Big K, Playin With A Sack, Down For Me et Jealous. 

Alors voilà, tout en restant objectif, je trouve que c’est un bon Street Album, et l’implication de Fredo pour le résultat est supérieur à celle de Chief Keef, par exemple, et cela se ressent, d’autant plus que, même si certains morceaux sont redondants, il essaient quand même de tendre vers d’autres sonorités, toujours Trap, mais plus douces, ou simplement différentes, comme Jealous ou She Down For Me, qui m’a étonné, pensant qu’il ne possédait aucun amour. Une autre conclusion que je pourrais tirer est son intérêt certains pour les productions de Lex Luger, avec qui l’osmose des deux passe plutôt bien, comme sur No Hook, qui n’est pas présent dessus, ou encore sur Clockwork, Came Up From Nothing, Ring Bells. On peut donc espérer d’encore meilleure chose pour son premier solo, ou tout simplement sur Scrary Site 2 qui arrive pour Thanksgiving.

Ma note : 7/10.