(Mixtape) Southside – Free Agent : retour aux sources

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Sizzle, Young Sizzle ou encore Y$. Peut-être que son nom ne vous dit rien en tant que rappeur, mais en tant que producteur, vous avez du forcément entendre ses beats. Créateur de la 808 Mafia, une bande de beatmakers ultra-talentueux, qui domine encore à cette heure-ci le monde des instrumentales trap. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils innovent. Lex Luger a commencé la marche en popularisant une trap hardcore, sur laquelle Waka Flocka s’en ai donné à cœur joie. Puis, il était là, Sizzle ou plutôt Southside On The Track. Reconnaissable parmi les autres grâce, notamment, au piano. C’est lui qui a popularisé ces quelques notes qui sonne si bien agrémenté de quelques 808, et des hi hats sifflants tels des serpents. Sans vous faire tout un article sur le mouvement qu’il a crée, pour les non-initiés, sachez juste que c’est en grande partie grâce à lui que la trap à prise un tel ampleur. Enfin bref, maintenant il passe derrière le micro, le temps de sortir Free Agent.

La première fois que j’ai vu son nom du coté rappeur, j’ai pensé à une blague. Ne le voyant vraiment pas rapper. C’était, à l’époque sur Twerk, avec Nino Cahootz, son pote du BSM. Au final, force est de constater qu’il rappait mieux que son collègue. Puis, ne l’entendant plus rapper, ou rarement, j’ai opté pour la lubie. Pourtant, comparé à Luger, qui fait vraiment des morceaux, où il rappe, pourris, je me suis dis que c’était dommage de ne plus l’entendre. Mais, cela, c’était avant de savoir qu’il avait annoncé cette fameuse mixtape. C’était comme si le bonhomme c’était dit « c’est bon, ça fait trop d’année que je me tais, la trap part en couille, je vais la ramener aux sources, faire un projet pur et dur ». C’est ce qu’il a fait.

Si vous avez tendances à chercher des boucles mélodieuses, des morceaux doux, clairement, passez votre chemin. 13 titres, 13 claques. Quelques jours après sa sortie j’en ne reviens toujours pas de l’effet que ça m’a procuré. J’ai vraiment prit mon pied. Cette impression d’entendre Waka à ses débuts, rappant des conneries, mais le faisant tellement bien. Une sorte de thérapie. Arrivé à un point où Southside à garder son secret, celui qu’il savait écrire des textes et les poser remarquablement bien, durant des années, est arrivé à terme. Il est à l’aise, comme si il avait fait cela toute sa vie, et pour le prouver, il n’invite personne. C’est son heure, il en profite. Ce n’est pas conscient, loin de là, mais c’est puissant, pour sur. Des refrains à l’ancienne. Une phrase, voire deux, qu’il répète en boucle. Autant dire que si l’auditeur n’accroche pas, un Doliprane ne suffira pas à lui enlever ses maux de têtes. En plus des 36 Djs qui mixent la ‘tape, Southside est totalement libre. Aucunes chaines, aucunes limites. Il raconte toutes les conneries qu’il avait en tête, toute la défonce, le fric qu’il s’est fait, toutes les prostitués qu’il s’est tapé, mais également les expériences de la vie sont retransmises dans ce Free Agent. On le sent bien. De toute façon, il le sait, dans la trap il est au dessus de énormément de beatmaker, rien qu’en faisant quelques touches sur Fruity Loops. Alors bon, si il se foire en étant derrière le micro, tant pis, c’est un délire en fin de compte.

Le projet début avec On Da Mob, un morceau plutôt profond, où il a tendance à être plus sérieux que sur le reste. Une bonne introduction, qui met l’auditeur dans l’ambiance. Un accent très prononcé pour la Trap, mais pas encore aussi hardocore que le deuxième track : Lit. Quelques notes de synthé’ bien sombre. Le DJ qui braille, puis ces quelques mots « Vous ne savez rien ». Visiblement il a raison. On ne savait pas que le bonhomme allait débouler avec une telle puissance. Et s’est repartit. Laps. Des choirs menaçant, et toujours la même recette de refrain, hyper accrocheur, et surtout des backs digne d’activistes réguliers de la Trap, ses « Woouh » qui donne une autre dimension. Mais là où l’on peut vraiment voir sa réelle est sur Drop Top. Le nombre de fois où il le répète en concluant le tout par « Pull up on a nigga flexin' » forme une recette de refrain détonant. Totalement dénué de sens pour un public non-avertit mais terriblement puissant pour des puristes de ce style de musique. Et tout s’en suit sans bifurquer pour d’autres univers. C’est les bases du mouvement, celui que Sizzle a ramené et il ne déroge pas à la règle. Je tiens tout de même à m’arrêter sur Medical. En restant toujours aussi sombre, la boucle psychédélique permet de se montre dans son point de vue : un mec sous drogue médicale (codéine), et totalement arraché. On est plein combat. Southside enchaine les titres. Un coup plus rapide pour un morceau plus stressant, un autre plus lent, plus posé, tout cela agrémenté par des ambiances auto-tunées et des 808 puissantes, la patte de la Mafia. La conclusion sera Lonely. Une chanson à tendance plus introspective tout comme l’intro’. Un petit sample sous-poudré par des hats et claps bien ancrés dans le mouvement. Le premier solo de Y$ se termine comme il se commence, pour bien montrer qu’il est là. Il y restera selon son bon vouloir, parce qu’au final, il l’a met profond à pas mal de monde.

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