(Chronique) Future – Codeine Crazy

tumblr_mln05zjEzn1qbo0vfo1_1280Depuis pas mal de temps déjà je suis de très près ce que fait Future. Même si j’avoue que j’ai été plus déçus que satisfait de son travail ces derniers temps, j’attends tout de même chacun de ses projets par curiosité, sachant que le locksé à la voix rauque peut réserver de sacré surprise. Sa mixtape Monster allait voir le jour sur Internet, ayant vu les producteurs et la pochette très bien conçue, j’étais impatient de pouvoir jeter mes oreilles dessus. Privilégiant les beats de la 808 Mafia, j’ai rapidement fais le tour des Fuck Up Some Commas ou autre After That, pour tomber sur le dernier track : Codeine Crazy. Mais que me réservait donc ce titre intriguant produit par TM88 ? Surement pas un copié-collé banal de Trap Atlienne.

Ma première réaction fut d’écarquiller les yeux aux sonorités de l’instrumentale. Merde, ça n’a plus rien à voir avec les quelques de pianos sur de grosses 808 hardcores, te massacrant les oreilles. On se croirait partit faire un tour sur ce fameux Pluto(n) dont l’Astronaut(e) Future nous vante tant les mérites. Les murmures du rappeur qui débutent le morceau nous mettent tout de suite dans l’ambiance. On est plongé sous effet du sprite aux reflets violets. Et putain que c’est bien retranscrit. Il n’a pas blagué en plus, ce n’est pas baclé, 6 minutes d’ode au sirop pour la toux, mais pas que. En réalité, et comme vous pouvez le constater dans la traduction, ce n’est pas son seul discours. Il parle de sa très forte addiction « je suis un accroc et je même pas m’en cacher » ; (supposition) de sa relation avec Ciara « Tu penses que j’ai oublié pour nous deux » ; de tout un tas d’autres états d’âmes et de ressentis personnels, comme un exutoire « je mets mon cœur et mon âme dans cette merde, et même un peu plus ». Autant dire que ce n’est pas une chanson juste pour boucler son projet, mais plutôt une sorte de rédemption personnelle. Un autre aspect m’a également marqué, et c’est là où j’ai vraiment capter l’envergure du délire : le clip.

La première fois que j’ai l’ai vu, j’ai un sentiment de déception m’envahir, m’attendant à quelque chose de plus sombre, sans doute à cause de la pochette, rappelant plus un film d’horreur que des décors idylliques. A force de le regarder (pour le traduire), j’ai remarqué une structure dedans, avec des décors différents pour chaque couplet. C’est à ce moment que je me suis dit que ce n’était peut-être pas si nul que cela. La femme au « curly-hair » du début, n’est autre qu’une métaphore de la Codeine, qui le sort d’une sorte de commas, lorsqu’il est allongé par-terre, dans un rêve perdu au milieu de la nature. Comme si la boisson lui permettait de continuer à vivre, à penser. Il suit donc cette charmante créature jusqu’au deuxième couplet. Il se réveille dans un lieu différent, assis sous un porche d’une possible Trap House, surement dans son quartier de Lil Mexico. Où l’on peut d’ailleurs voir Young Scooter joué au Poker avec lui, et Casino. Là, mêlé de rire, de fumance et des regards froids de ses collègues en direction de la caméra, il nous parle de sa vie de débauche, où seule l’argent règne en maitre. Avant de continuer sur paroles beaucoup plus personnelles sur le dernier couplet. Une nouvelle (très) belle femme fait son entrée. Qu’il suit toujours, cette fois vers une vue panoramique, l’image d’une longue route vers la vérité, un droit chemin qu’il devrait emprunter. Mais la métisse marchant pieds-nus (comme si c’était elle la maitre des lieues) ne le regarde pas, elle reste assise sans y prêter une réelle attention. Peut-être une réflexion, sur une voie qu’il n’emprunte pas, celle d’une vie sans Drogue. Car la vidéo finit sur une image de lui, seul, dans cette thérapie qu’il tente d’entreprendre, remplit de pensées chaotiques qui le terrorisent, et qu’il a un mal fou à exorciser.

Voilà, je suis surement partis un peu loin, mais je pense que l’énorme tuerie que Future nous a délivré méritait une mini-chronique. Et je tiens à saluer sincèrement le travail du clip-maker, qui a vraiment ressentis le sens du monologue introspectif de l’artiste. Comme quoi, il continuera toujours de me surprendre, et bien que certains disent que son pseudonyme n’est pas révélateur de ses qualités, il a le mérite de nous avoir foutu dans une putain de navette spatiale pendant 6 minutes

.